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Urgences. Sud-Santé tire « la sonnette d’alarme »
article du télégramme (27 janvier 2009)
lundi 2 février 2009, par
Se faisant l’écho des inquiétudes du personnel, le syndicat Sud-Santé dénonce un manque de moyens criant au sein des urgences du Centre hospitalier.
« On ne peut pas continuer comme ça. Les conditions de travail au service des urgences sont de plus en plus difficiles. Le personnel soignant vit dans l’angoisse d’un incident équivalent à celui de l’hôpital Bichat, à Paris ».
Un problème récurrent
Respectivement déléguée et secrétaire de section de Sud-Santé au Centre hospitalier des pays de Morlaix, Marie-Hélène Merdy et Francis Landouar prennent très au sérieux le malaise d’un service dont le bon fonctionnement « est pourtant vital pour le reste de l’établissement ». Même si janvier est traditionnellement une période tendue, épidémies de grippe ou de gastro-entérite obligent (lire ci-dessous), il convient, disent aujourd’hui les délégués, de prendre en compte un problème récurrent, « qui dure en fait depuis plusieurs années ». Vendredi dernier, les délégués syndicaux sont allés rencontrer la direction. Sans obtenir, disent-ils, l’attention espérée. « On nous reparle d’un problème d’organisation, là où il faudrait clairement des moyens ». De 1996 à 2008, le nombre d’infirmiers n’a, indique encore Sud-Santé, pas bougé dans le service morlaisien (autour de quinze équivalent temps plein), « et dans le même temps, le nombre d’entrées est passé de 57 à 80 par jour, soit de 21.000 à 29.000 par an ». Le ratio n’est, disent encore les délégués syndicaux, « plus du tout équilibré ». « Dans la circulaire du 14mai 1991 relative à l’amélioration des services d’accueil des urgences, le ministère de la Santé préconisait 27 équivalent temps plein (ETP) infirmiers pour 30.000 passages annuels. On en est loin ! Il est plus que temps de tirer la sonnette d’alarme... »
Confortable « pour personne »
Pour Francis Landouar et Marie-Hélène Merdy, une telle tension sur les effectifs ne peut entraîner que des dysfonctionnements, d’autant plus visibles en ces périodes hivernales, et dans un contexte plus général de réduction du nombre de lits d’hospitalisation et de restrictions budgétaires. « En journée par exemple, les infirmières fonctionnent seulement à trois. Lorsque l’une est occupée à gérer l’information et l’accueil, et la seconde doit sortir avec le Smur (jusqu’à sept fois par jour la semaine passée, contre 2,70 sorties par jour en moyenne), la troisième se retrouve seule pour s’occuper des huit boxs de soin et de la zone d’attente allongée. Ce n’est confortable pour personne ! » Et d’évoquer le temps d’attente moyen pour les patients (« trois heures pour de la bobologie ») qui ne pourra, dans ces conditions, « que s’allonger ». « Consciencieux et amoureux de leur métier, les 30 agents des urgences n’envisagent pas la grève pour le moment. Mais jusqu’à quand ? », interroge Francis Landouar. « La balle est dans le camp de la direction ». • Sophie Prévost
