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journée du 14 mai
discours de l’AG
lundi 18 mai 2009, par
Hôpital public : OUI Hôpital entreprise : non
“La ministre Madame Roselyne Bachelot ne cesse de répéter que sa loi est une grande loi de réforme de l’hôpital comme il n’y en a pas eu depuis cinquante ans… Devant la levée de bouclier et le mouvement social qui s’est mis en place contre cette loi, Nicolas Sarkosy a dû se résoudre à manger son chapeau. Après avoir proclamé à longueur de discours qu’il fallait « un chef, un seul, le directeur », il affirme désormais qu’il ne doit pas y avoir de « despote absolu », pas plus que d’hôpital entreprise. La mobilisation hospitalière est sûrement passée par là !
Mais ne nous y trompons pas, ce recul verbal, n’a qu’un but ; faire accepter la loi Bachelot ! Les concessions annoncées, sur la gouvernance de l’hôpital ne concernent que les CHU, soit seulement quelques établissements.
La loi hôpital, patients, santé, territoires remet totalement en cause les valeurs du service public. Cette loi qui ne s’intéresse qu’à la rentabilité de la santé, (voir actuellement nos instances, plan hôpital 2007, 2012), notre hôpital public sera forcement perdant. La méthode du gouvernement est claire : creuser le déficit de la sécurité sociale pour justifier ces réformes et baisser le coût du travail : faire gérer l’hôpital comme une entreprise privée. Les conséquences pour les assurés sociaux seront terribles : Se soigner sera de plus en plus difficile, se soigner sera de plus en plus cher.
Le système de soins dont les américains ne veulent plus, N. Sarkosy veut nous l’imposer.
Déjà, l’absence de moyens supplémentaires pour l’hôpital entraîne la dégradation des conditions de travail et la pénurie organisée des personnels. Des personnels qui sont dans une difficulté d’exercice parce qu’ils ne sont pas assez nombreux. Il faut savoir qu’avec la mise en place de cette loi se sera 20 000 à 30 000 emplois qui vont être supprimés d’ici à 2012 (800 en bretagne au minimum). Avec la mise en place de la T2A notre établissement subit depuis quelques années plan d’économie sur plan d’économie avec à la clé des suppressions de mensualités, soit l’équivalent de 18 postes cette année. Que dire de la suppression des lits (100 000 déjà depuis 1992).
L’organisation des soins, ce n’est pas dans la loi. La constitution de filières de soins, ce n’est pas dans la loi ! Le financement des hôpitaux, ce n’est pas dans la loi. Cette grande loi se résume donc à transformer les hôpitaux en entreprises en donnant tout le pouvoir au directeur !
Autre pilier du texte du gouvernement, les ARS qui regrouperont les ex ARH, ddass, drass, unions régionales d’assurance maladie, elles déclineront régionalement la politique de santé. Les ARS décideront des ouvertures, des fermetures, des regroupements de toutes les activités de soins. L’ARS aura entre ses mains l’ensemble des crédits et pourra ainsi transférer activités et financement de l’hôpital public vers le secteur privé comme le prévoit l’article 1° de la loi (clinique de la baie).
Le directeur de l’ARS fixera la rémunération du directeur de l’hôpital et pourra mettre fin à ses fonctions, si celui-ci ne parvient pas à ses objectifs financiers. Pour information, un Directeur d’ARH gagne actuellement un peu plus de 111 000 € par an + 20 % de primes si ses objectifs sont atteints, combien empocheront les futurs patrons d’ARS, sachant que demain ils seront amenés à gérer un budget colossal frisant le milliard d’€ ?
Il n’y a aucune urgence pour réformer l’hôpital public.
Il n’y a qu’un président pressé. Il est volontariste, mais il sait reculer. Il vient de le faire.
Seule une grande mobilisation de la communauté hospitalière non médicale et médicale, et de l’ensemble de la population, permettra d’obtenir le retrait de la loi.
SUD Santé revendique :
Le retrait du projet de loi Hôpital, patients, santé, territoires,
L’arrêt des suppressions d’emplois,
L’arrêt des fermetures d’établissements
La remise à niveau des budgets
L’instauration d’une véritable démocratie sanitaire associant médecins, personnels, usagers, élus, au choix de santé publique.
