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Morlaix : Hôpital. Sud-Santé dénonce la gestion du personnel
mercredi 30 décembre 2009, par
Le syndicat Sud-Santé tire la sonnette d’alarme face à la « dégradation des conditions de travail au sein de l’hôpital ». La gestion de l’absentéisme est au coeur des tensions.
« Les effectifs ne sont pas en adéquation avec les besoins de l’hôpital », fustige Francis Landouar, secrétaire de la section locale Sud-Santé. Lui et les membres du bureau sont « révoltés » face à la gestion interne du personnel. Selon eux, les conditions de travail se sont lourdement dégradées depuis quelques années.
« La pression n’a jamais été aussi forte »
« La direction sacrifie du jour au lendemain le planning des vacances scolaires, sans mesurer les conséquences sur la vie privée des agents », expliquent-ils. Des agents qui, selon eux, « ne peuvent plus assurer des soins de qualité faute de moyens. La pression n’a jamais été aussi forte ». Problèmes d’adaptation au poste, difficultés relationnelles, stress... Les consultations en médecine préventive, à la demande des agents, ont grandement augmenté d’après Sud-Santé, qui en comptabilise plus de 200, soit près de 10% du personnel en 2008. Toujours selon le syndicat, depuis quatre ans, les congés maladie dits ordinaires, et ceux de longue durée ont progressé de 30% dans chaque catégorie. Une statistique qui concerne tous les services et qui témoigne du « mal-être » au travail, selon Sud-Santé.
Période de forte tension
Depuis lundi, un message d’alerte circule dans l’hôpital. Il stipule que l’établissement entre « dans une période de tension forte sur les lits d’hospitalisation » et demande au personnel d’être « vigilant pour tenter de prévenir toute détérioration de cette situation ». Une situation qui n’a « rien d’exceptionnelle », selon Françoise Moysan, la directrice adjointe, « c’est le quotidien d’un hôpital », selon elle. Ce n’est pas de l’avis du syndicat. « Il n’y a plus de lits vacants », indique Marie-Hélène Merdy. Membre du bureau, elle dénonce également le rallongement des temps d’attente, notamment au service des urgences. « La cadence des rotations (sorties et entrées) va être augmentée au détriment des patients », souligne la syndicaliste. « De plus, nous n’avons aucune marge de manoeuvre en cette période de pandémie grippale. Comment pourrions-nous gérer un pic de contamination programmé après les fêtes ? », s’alarme Francis Landouar.
Une « astreinte déguisée et illégale »
Dans le viseur des syndicalistes : « les coups de téléphone quotidiens au domicile des agents afin de pallier d’urgence aux absences ». Cette « astreinte déguisée et illégale » s’est « généralisée », selon Francis Landouar. « Il n’est jamais agréable de se faire appeler dans ces moments-là. Malgré tout, il faut continuer à prendre en charge les patients », explique Françoise Moysan.
« Nous irons jusqu’au bout »
« Nous irons jusqu’au bout, prévient Francis Landouar. Nous organiserons un grand rassemblement à l’hôpital, si cela est nécessaire ». Pour 2010, Sud-Santé souhaite évaluer les besoins de personnel en coordination avec la direction. « Nous demandons un plan de résorption des emplois précaires au sein de l’établissement. Actuellement, l’hôpital emploie 300contractuelssur 2.107agents. Et la gestion de ces postes manque énormément de transparence ».
Steven Lecornu
Source : Le Télégramme
