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La cardiologie et les soins intensifs à bout de souffle
vendredi 28 mai 2010, par
« On a déshabillé Paul pour habiller Jacques. Et ça, on le dénonce ». Voilà comment Francis Landouar résume les raisons qui ont poussé les aides-soignant(e) s des services de cardiologie et de l’unité de soins intensifs cardiologiques (Usic) à débrayer de 14h45 à 15h45, hier après-midi. Et le délégué de Sud-Santé de préciser le contenu de la réorganisation que la direction va appliquer d’ici le 31mai : « On va perdre un poste d’aide-soignant (AS) en Usic au profit de la cardio, qui va donc bénéficier de moyens supplémentaires, ce qu’on approuve. Mais on ne veut pas que ça se fasse au détriment des soins intensifsqui vont passer de quatre AS (deux le matin et deux le soir) à trois (un le matin, un en journée qui travaillera durant dix heures et un le soir) », explique Francis Landouar, dont le syndicat est à l’origine du mouvement avec la CGT qui rejette également cette réorganisation. « On ne répond plus à notre mission de service public », ajoute-t-il.
« Vous n’irez pas en vacances... »
« Trop, c’est trop », clame de son côté la vingtaine de personnes à avoir cessé le travail hier. « Jusque-là, tout allait très bien. Mais depuis qu’on manifeste notre mécontentement vis-à-vis de cette réorganisation, on subit des pressions. Psychologiquement, c’est très dur », raconte l’une d’entre elles, qui estime que « ça ne peut pas continuer ainsi ». Pendant qu’une autre assure avoir été menacée : « Continuez comme ça et vous n’irez pas en vacances », m’a-t-on dit l’autre jour. « L’activité de l’Usic est imprévisible et spontanée. L’AS a un rôle important dans la gestion de l’urgence.L’Usic serait-elle condamnée à disparaître faute d’activité rentable ? », s’interrogent les agents du service dans un courrier qu’ils ont adressé à la direction.
« Aucune baisse des effectifs »
La direction, justement, insiste sur le fait qu’au total, il n’y a eu « aucune baisse d’effectif dans ces deux services ». Et Richard Bréban de poursuivre : « Toute réorganisation suscite certaines craintes. On évoluera la situation début septembre ». Et s’il admet que « derrière tout ça, il y a des contraintes budgétaires », le directeur de l’hôpital morlaisien ne ferme pas la porte aux négociations : « Je suis ouvert à toute nouvelle proposition ».

